PHYTO, pas que végétal

cosmétique

Phyto est une marque détenue par les laboratoires Phytosolba, fondés il y a 40 ans par Paul Alès. Ce dernier semble avoir un intérêt sincère pour la nature et sa passion pour les plantes n’est ici pas remise en cause. Mais des notions aussi équivoque que « L’écologie des cheveux », associée aux mots « force de la nature », « Phyto », « plantes » transmettent l’impression d’un produit naturel – voir écologique – protecteur pour les cheveux comme pour la planète.

Après enquête, les produits de la gamme Phyto, spécialement dédiés aux cheveux, sont constitués d’extraits de plantes en proportion variable. Pour le cas du produit Phyto Color, les extraits de plantes tinctoriales constituent de 57% à 60% de la part totale des ingrédients. Cela ne suffit pas à colorer un cheveu. Qu’en est-il alors du reste ? Que signifie vraiment l’écologie des cheveux ? N’y a-t-il pas exagération ?

La publicité induit en erreur par les mots employés.
L’écologie est la science ayant pour objet les relations des êtres vivants (animaux, végétaux, micro-organismes) avec leur environnement, ainsi qu’avec les autres êtres vivants. « L’écologie des cheveux » devrait donc signifier la science qui a pour objet l’écosystème capillaire. C’est ce que revendique l’annonceur sur son site Internet, c’est-à-dire la compréhension des interactions du cheveux avec le crâne.
La publicité est composée des mots « toute la force de la nature », « plantes » qui ont pour vocation d’évoquer dans l’inconscient du consommateur cette dimension saine et écologique du produit. Cet univers que nous propose Phyto ne reflète pas la réalité. Les produits de cette gamme contiennent des dérivés de la pétrochimie (cf. point 4) dont certaines substances nocives pour l’environnement. Ajoutons que les produits de décoloration sont nécessairement composés de substances qui doivent passer la barrière du cuticule pour modifier le pigment. Ce qui est loin d’être naturel. Phytocolor semble donc moins respectueux de l’écosystème capilaire que veut nous le faire croire la publicité

> Fondements
1-1.1 La publicité ne doit pas tromper le public sur la réalité des actions de l‘annonceur en faveur du développement durable, ni sur les propriétés de ses produits et services en la matière / Recommandation Développement durable (2003)

2-1. La publicité doit proscrire toute déclaration de nature à tromper directement ou indirectement le consommateur sur la réalité des avantages ou propriétés écologiques des produits ainsi que sur la réalité des actions que l’annonceur conduit en faveur de l’environnement / Recommandation arguments écologiques (Oct. 1998)

La publicité induit en erreur par la composition graphique ( images et couleurs )
L’utilisation de la plante et le design visuel du logo de marque permettent de créer des éléments de composition qui connotent la publicité d’un univers végétal et nature.

> Fondements
2-12. Le choix des signes ou des termes utilisés dans la publicité, ainsi que des couleurs qui pourraient y être associées, ne doit pas suggérer des vertus écologiques que le produit ne possèderait pas / Recommandation arguments écologiques (Oct. 1998)

La publicité affirme quelque chose de vague ou sans preuve
L’expression « toute la force de la nature » est vague et n’est pas renseignée par des chiffres, notamment sur la proportion de matière végétale par rapport aux autres ingrédients issus de la chimie. Si Phyto souhaitait apporter des éléments probants de la qualité « naturel » de son produit, il aurait dû demander une certification « cosmebio » reposant sur un diagnostic indépendant, ou une certification « Ecocert », garantissant l’utilisation d’éléments issus de l’agriculture biologique.

> Fondements
2-2. L’annonceur doit être en mesure de produire tous les éléments propres à justifier ses allégations, indications ou présentations publicitaires / Recommandation arguments écologiques (Oct. 1998)

2-7. L’annonceur devra indiquer en quoi le produit présente les qualités qu’on lui attribue et éventuellement dans quel contexte  / Recommandation arguments écologiques (Oct. 1998)

La publicité surestime ou exagère le côté réellement vert du produit / société / service
La publicité surestime le caractère vert du produit en le faisant passer pour un produit présentant une proportion très importante de matière végétale. Après recherche sur la site Internet de la marque, il apparaît que :
60% du shampoing est issu de matières végétales. A priori, c’est une bonne nouvelle. Mais quand on sait que ces extraits de plantes sont utilisés en décoction, on relativise le propose que cela fait beaucoup d’eau.
A l’inverse, on apprend que les produits de cette gamme contiennent des dérivés de la pétrochimie comme le propylène glycol, le PEG 4 (polyéthylène glycol) et des carbomères. Certains autres contiennent de l’EDTA (éthylène diamine tétra acétique), un composé très polluant qui a une force de séquestration importante et provoque des déséquilibres écologiques dans le milieu naturel ; ce n’est pas tout. Des parabens (exclu du cahier des charges de la certification Ecocert) et l’amoniac sont aussi présents. Même en quantité très réduite, cette dernière reste un composé chimique classé toxique et dangereux pour l’environnement

> Fondements
1-1.1 La publicité ne doit pas tromper le public sur la réalité des actions de l‘annonceur en faveur du développement durable, ni sur les propriétés de ses produits et services en la matière / Recommandation Développement durable (2003)

2-6. La publicité ne doit pas donner ou paraître donner une garantie totale ou complète d’innocuité dans le domaine de l’environnement, lorsque les qualités écologiques du produit ne concernent qu’un seul stade de la vie du produit ou qu’une seule de ses propriétés / Recommandation arguments écologiques (Oct. 1998)
La publicité met en scène des comportements contraires aux exigences de protection de l’environnement

Ce n’est pas le cas.

> Fondements
2-14. Aucune publicité ne peut représenter des comportements contraires à la protection de l’environnement sans correctif positif, non plus qu’inciter à des comportements contraires à la protection de l’environnement / Recommandation arguments écologiques (Oct. 1998)

*************************

Dernière date de diffusion constatée : mai 2009
Mode de diffusion : affichage

Note globale

OIP
2.2

Internaute 1.1

Afficher plus de détails sur la note OIP

La publicité induit en erreur par les mots employés

OIP
1.0

Internaute 0.4

La publicité induit en erreur par la composition graphique ( images et couleurs )

OIP
3.0

Internaute 1.4

La publicité affirme quelque chose de vague ou sans preuve

OIP
1.0

Internaute 0.6

La publicité surestime ou exagère le côté réellement vert du produit / société / service

OIP
2.0

Internaute 1.0

La publicité met en scène des comportements contraires aux exigences de protection de l'environnement

OIP
4.0

Internaute 2.3

Afficher plus de détails sur la note OIP

Votez et Commentez

Vous devez créer un compte ou vous identifier pour pouvoir commenter.

Derniers commentaires

  1. Commentaire de cmd, le 19 septembre 2010 - Note : 0.0

    encore de la Tromperie et merci à l’OIP pour cette analyse claire

  2. Commentaire de MISTY, le 3 décembre 2009 - Note : 0.4

    pas un produit bio, il est plein de produits chimiques!

  3. Commentaire de fanfanlu, le 13 août 2009 - Note : 1.2

    j’adore les formules que les publicitaires pondent : l’écologie des cheveux… mais jamais personne n’est foutu comprendre.
    J’aimerai bien jeter un oeil sur la composition du produit… la marque n’est pas dans le secteur des produits bio, bien au contraire.

  4. Commentaire de greenwizz, le 7 août 2009 - Note : 1.8

    Cette publicité aura eu le mérite de me faire bien rire : « l’écologie des cheveux », il fallait oser !!
    Quant au « Toute la force de la nature pour vos cheveux », cela ne veut pas dire grand chose, ce genre de slogan étant utilisé à tort et à travers depuis maintenant plusieurs années… Le produit est-il réellement naturel, difficile à dire, mais je n’en mettrais pas ma main à couper…
    J’aime aussi beaucoup la référence aux « plantes tinctoriales », dans la série « utilisons des mots inconnus du grand public pour faire sérieux et duper tout le monde » !

  5. Commentaire de lisalex, le 12 juillet 2009 - Note : 0.0

    L’écologie des cheveux… mais qu’est-ce que cela veut bien signifier ? En première lecture, on suppose que cela signifie « ce produit est écologique »…en quoi le produit est plus écologique qu’un autre ? Y a til un quelcqonque label ? Est-ce un produit dont les composants sont moins ecotoxiques que les autres produits ? quel emballage ? Methode de production?
    au final, je pense que la signification de cette phrase est en décallage avec une lecture de premier degré… donc confusante.

  6. Commentaire de antovador, le 6 juillet 2009 - Note : 1.8

    « l’écologie des cheveux » ça peut avoir un sens avec l’écosystème des poux. A part ça j’ai horreur des mots barbares employés en général bien que « phyto » on le comprend a peu prés.

  7. Commentaire de diavolo, le 1 juillet 2009 - Note : 0.8

    Des cheveux “écologiques” restent dans leur état natureL

  8. Commentaire de bart53, le 26 juin 2009 - Note : 1.2

    on ne nous dit rien sur ce qui fait l’écologie de ce produit. Peut-être est ce dans le mot phytocolor. Si c’est ça ce serait bien de le définir

  9. Commentaire de annalia1, le 20 juin 2009 - Note : 0.6

    Utilisation des mots écologie et de mots « savants » qui ne sont pas du tout utilisés dans le bon contexte!

  10. Commentaire de The Greenwasher, le 16 juin 2009 - Note : 3.4

    Le slogan est maladroit mais les produits semblent naturels et la démarche a l’air écolo. Par rapport au panel présenté ici, je trouve cette publicité relativement conforme aux règles de publicité.

    thegreenwasher.wordpress.com/2009/06/16/phyto-lecologie-des-cheveux/

  11. Commentaire de pimousse3000, le 15 juin 2009 - Note : 0.6

    On aura tout vu : « l’écologie des cheveux »! C’est drôle!
    Sans connaître la composition des colorants, je n’affirme rien, mais je doute qu’ils soient issus de produits naturels et qu’ils aient été produits de manière propre.
    Phytocolor, c’est vendeur ca, vous trouvez pas?

  12. Commentaire de gilski3000, le 15 juin 2009 - Note : 1.0

    Phyto, plantes, nature, écologie des cheveux…
    Tout y est. Mais est-ce que vraiment ça a un rapport avec le produit, sa composition et son role.

    Et la chimie du produit, on en parle?

    Beau spécimen

  13. Commentaire de dgeo, le 14 juin 2009 - Note : 1.6

    « Ecologie des cheveux »: contresens pour une boite qui vend des produits chimiques pour dénaturer les cheveux… Des cheveux « écologiques » restent dans leur état naturel: pas teintés !

    Plantes tinctoriales: qui servent à teindre… et pour fixer la couleur, c’est quelle plante ?

  14. Commentaire de Pierremine, le 13 juin 2009 - Note : 0.2

    Rien de vert dans le produit

  15. Commentaire de Kimayi, le 13 juin 2009 - Note : 3.4

    Le problème se situe plutôt dans le slogan de la marque (l’écologie des cheveux) que dans le produit lui même. Le produit contient effectivement des extrait de plantes tinctoriales, qui sont par définition issues de la nature.
    Par contre, « l’écologie des cheveux » (rappelons que l’écologie est une science qui étudie le fonctionnement des écosystèmes) ne veut strictement rien dire, et joue surtout sur l’emploi communément fait du terme « écologie », rapportant à un comportement respectant la nature.

  16. Commentaire de thomasthomas, le 12 juin 2009 - Note : 0.8

    J’aimerai voir la composition de cette crème colorante qui a mon avis est similaire aux autres soit 50% de petrochimie 48% d’eau et 2% de  » produits naturels »