La question de l’innocuité des pesticides (fongicides, herbicides, insecticides) est devenue une question préoccupante pour l’opinion publique. Les leaders du marché ont donc adopté une attitude plus prudente et discrète dans leur communication dédiée au grand public.
En revanche, ce n’est pas le cas pour la communication dite B to B destinée aux professionnels.
Dans cette publicité, Syngenta fait la promotion de DEFI© un herbicide destiné à éliminer les adventices ou mauvaises herbes dès l’automne pour offrir un rendement de 15 quintaux à l’hectare. L’idée principale est d’identifier l’utilisation de l’herbicide à un gain d’argent. C’est loin d’être démontré. Pour information, le classement de la formule du DEFI© :
N , dangereux pour l’environnement, XI, irritant
Bio-accumulable dans les organismes vivants et persistant en milieu aqueux. Il est bio-accumulable dans les organismes vivants, et « durablement » persistant dans l’eau. Ce qui ne va pas sans poser quelques soucis de santé chez les utilisateurs, et notamment les agriculteurs. Bref, on est en plein amalgame.
La publicité induit en erreur par les mots employés.
Que peut bien vouloir dire « désherber durable » ? Désherber de façon définitive ? Cela paraît improbable, pour ne pas dire impossible. A quel moment peut-on dire qu’un terrain est désormais désherbé de façon durable ? A l’échelle du trimestre, semestre, année ? On comprend que « durable » renvoie implicitement à développement durable. En l’occurrence, la compatibilité des pesticides avec le respect de l’environnement est nettement contestable. A long terme, est-on réellement sûr que les rendements seront maintenus, surtout si l’état des sols est affecté et dégradé par l’utilisation répétée d’intrants chimiques.
> Fondements
2-1. La publicité doit proscrire toute déclaration de nature à tromper directement ou indirectement le consommateur sur la réalité des avantages ou propriétés écologiques des produits ainsi que sur la réalité des actions que l’annonceur conduit en faveur de l’environnement / Recommandation arguments écologiques (Oct. 1998)
La publicité induit en erreur par la composition graphique (images et couleurs)
Le cartouche en haut à gauche dans lequel est inscrit le message « désherber durable, c’est garantir ses rendements » utilise la couleur verte. Accompagné d’une touffe d’herbe à gauche et d’un code barre à droite, de même couleur confirme la volonté de l’annonceur d’associer le produit d’une part à l’univers agricole, voire à l’environnement. De plus, on peut contester l’équation désherbage par usage d’un fongicide et gain monétaire comme le laisse penser ces liasses de billets posées sur un champ de blé fauché (cf. Point précédent.)
> Fondements
1-1.1 La publicité ne doit pas tromper le public sur la réalité des actions de l‘annonceur en faveur du développement durable, ni sur les propriétés de ses produits et services en la matière / Recommandation Développement durable (2003)
2-12. Le choix des signes ou des termes utilisés dans la publicité, ainsi que des couleurs qui pourraient y être associées, ne doit pas suggérer des vertus écologiques que le produit ne possèderait pas / Recommandation arguments écologiques (Oct. 1998)
La publicité affirme quelque chose de vague ou sans preuve
« 15 quintaux / Ha », l’affirmation de la préservation du rendement est assénée sans justification. Il aurait fallu comparer avec le rendement à l’hectare sans utilisation du DEFI©.
> Fondements
2-2. L’annonceur doit être en mesure de produire tous les éléments propres à justifier ses allégations, indications ou présentations publicitaires / Recommandation arguments écologiques (Oct. 1998)
La publicité surestime ou exagère le côté réellement vert du produit / société / service
DEFI© désherbe sans doute de façon durable mais Syngenta ne nous dit rien de sa dangerosité ou si mais en tout petit en bas de l’annonce : « Dangereux, respecter les précautions d’emploi »
A la lecture de la fiche de données de sécurité, on apprend que non seulement le produit est dangereux et persistant. Ainsi, il y a bioaccumulation dans le cas du prosulfocarbe (800gramme par litre de produit), que sa dégradation par période de demi-vie est de 159 – 279 jours (c’est-à-dire qu’au bout de ce temps, il restera la moitié de la dose) et que le prosulfocarbe est persistant dans l’eau. En effet, le DEFI© est relativement permanent mais peut-être par pour le meilleur. Pourquoi Syngenta ne le dit pas ?
> Fondements
2-9. L’allégation ne doit pas induire une fausse supériorité et/ou permettre à un produit de se distinguer abusivement d’autres produits similaires ou possédant des caractéristiques analogues en ce qui concerne leur contribution à la protection de l’environnement / Recommandation arguments écologiques (Oct. 1998)
La publicité met en scène des comportements contraires aux exigences de protection de l’environnement
Ce n’est pas le cas.
> Fondements
2-14. Aucune publicité ne peut représenter des comportements contraires à la protection de l’environnement sans correctif positif, non plus qu’inciter à des comportements contraires à la protection de l’environnement / Recommandation arguments écologiques (Oct. 1998)
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Dernière date de diffusion constatée : mai 2009
Diffusion: presse professionnelle agricole
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Sans commentaire.
C’est une preuve de plus que les MULTINATIONNALES gouvernent le monde et que nos chers(e) POLITIQUES sont….
totalement mensonger de A à Z!
J’ai vu pour la première fois cette pub dans un hebdo destiné aux agriculture et l’association des mots désherber et durable m’a tout de suite interpellé (négativement).
Les agriculteurs sont plutot décriés quant à l’utilisation de ce type de produits et je pense que syngenta veut jouer sur ce point : celui qui utilise ce produit respecte plus l’environnement.
Sauf qu’il y a bien marqué en bas en tout petit : dangereux pour l’environnement.
Autre chose : le code barre en vert avec des brins d’herbe me fait penser à certains produits bio vendus sous marque distributeurs qui présente ce genre d’habillage (pour devrai produits bio à priori).
le graphisme est fautif, l’utilisation du mot durable porte à confusion, mais si une charte de définitions acceptable est donnée, ils on tle droit d’utiliser tout mot du dictionnaire.
Durable est utilisé à tort et à travers par les écolos et ceux qui veulent sembler écolos de toute façon.
encore de l’agriculture productiviste qui fait fi des enjeux écologiques et hop on sort le mot magique : « durable » mais associer au désherbage c’est vraiment ridicule…
La charte graphique se veut résolument « verte » par les couleurs (même les balles de billets sont dans les tons vert) et par les mots (désherbez durable)
Il s’agit ici de préserver surtout son portefeuille plutôt que l’environnement bien évidemment. Le chiffre 100 évoque bien sûr des euros, mais pas seulement. C’est aussi le fameux pallier des 100 quintaux par hectare, évocateur d’une agriculture à la pointe de la modernité, fierté de l’exploitant qui l’atteindra. Je veux parler bien sûr de cette modernité de la deuxième moitié du 20e siècle, lorsque la France est devenue l’une des premières puissances agricoles au Monde. Nous étions (sommes) alors bien loin des notions de durabilité…
Qd on connais ce genre de multinationnale comment peut on croire un instant à cela, on est dans le même registre que monsanto ici.
Les rouleaux font effectivement penser à des liasses de fric … ça va bien avec syngenta ça !
Une seule référence écologique : le mot « durable » dans « désherber durable ». Et c’est là tout le problème!
Désherber durable, c’est une bonne blague. Hormis le code barre avec cet argument faussement écologique le reste me paraît acceptable car il est possible que ce désherbant soit efficace bien qu’on ne cite pas la source…
Le visuel est discutable, on nous parle de « désherbage précoce » et de « graminées résistantes » (mauvaises herbes) mais on voit une botte de paille en billet, or ça ne donne pas d’infos sur la qualité/le rendement de la production.
En tout cas, désherber n’est pas du tout écologique.
Le code barre un des symboles de la société de consommation, un vaste champ qui sous entend l’agriculture intensive et surtout les liasses de billets qui résument tout en un mot, le profit. Rien d’écologique. Desherber durable ? mais de qui se moque t’on ?
une publicité pas très intéressante car le vocabulaire utilisé est un peu technique et je ne comprend pas trop en quoi sont fait les roundballers. Malgré cela je n’ais pas l’impression que cette pub me mente
Lorsqu’on sait que les pesticides Syngenta participent à la surmortalité des abeilles, le slogan désherber durablement est une oxymore un peu dure à avaler!
Quant à l’image qui transforme l’herbe en code barre, elle induit les agriculteurs en erreur en leur faisant miroiter de fausses promesses
Celle-çi est vraiment difficile a juger puisqu’elle s’adresse exclusivement aux agriculteurs, donc le fait de savoir que « l’on va preservez jusqu’a 15 quintaux/ ha », perso ça ne me parle pas de tout…
Néanmoins le fait de faire des bottes de pailles avec les liasses est un peu provocateurs mais surtout tres reducteur pour les cultivateurs…
Et je ne sais pas pourquoi mais mixer visuellement des liasses d’argent avec un slogan clairement écolo me fait un peu douter des vertus de ce produit…
Au dela de ça ce qui m’inquiete surtout c’est de mettre en avant l’argent au détriment des résultats qualitatif…
Désherber durable : c’est un peu paradoxal je trouve…. D’autant plus que l’image montre que l’agriculteur est là avant tout pour faire du fric!
Ensuite, ne connaissant pas les exigences en matière de protection de l’environnement à ce sujet, je ne peux juger. Mais je suppose qu’en matière de produits sales et toxiques, en Europe comme en France, tout est autorisé, jusqu’au Round Up!
Ceci dit, on nous montre quand même un grand champ avec une monoculture, peu favorable à la bio diversité…
Une fois de plus, on essaye de faire passer un argument économique comme un principe écologique.
Désherber durable avec des herbicides, ce n’est pas un peu contradictoire?
Durable où, combien, comment?
On marque bien en gros, en vert ce slogan « durable », c’est bien tout écrit en vert, tout ça pour nous faire oublier ce dont on parle réellement. C’est traitre cette pub
une publicité somme toute assez classique