SNCF zéro carbone

Transport

Annonceur : SNCF
Support : Affichage
Diffusion constatée : novembre 2009 en print – juin 2010 en presse
Agence : TBWA
Titre de la publicité : « Objectif 0% de CO2. Ou presque. Le train émet peu de CO2. La SNCF s’engage à réduire ses émissions de CO2 de 40% par voyageur/kilomètre d’ici 2020, par rapport à 1990.

Le train est l’un des moyens de transport qui émet le moins de CO2 par passager et par kilomètre si on le compare à la voiture ou à l’avion mais ce n’est pas une raison pour faire croire qu’il n’en émet pas du tout car l’électricité utilisée par le train est issue d’un mode de production (nucléaire, centrales thermiques (charbon, fioul, gaz)) qui émet des Gaz à Effet de Serre. Pour plus d’information sur les émissions CO2 du mix énergétique français, on se reportera au site du Réseau de Transport de l’Electricité1. Tel est le piège dans lequel tombe la SNCF avec cette publicité que l’on qualifiera de « facile » et peu rigoureuse dans le propos.

La publicité induit en erreur par les mots employés.

Disons le simplement : il n’est pas possible de viser le « 0% de CO2 ». C’est une vue ancienne de l’esprit, qui considère les impacts environnementaux au niveau d’un seul critère en oubliant les autres étapes de cycle de vie (comme la production de l’objet, la production de l’énergie qui va faire fonctionner cet objet, etc.) et cela n’est pas sans rappeler les campagnes pour Areva ou des marques de voitures, où les rejets de CO2 ne sont considérés que pendant la phase d’utilisation du produit.

Plus grave, la SNCF induit en erreur sur la réalité du mix énergétique dont ses trains dépendent pour fonctionner. Si l’on fait abstraction de la question des déchets nucléaires – ce qui est pourtant une question écologique essentielle en soi et qui dépasse la question des émissions de CO2 – il faut rappeler que la forte part du nucléaire dans la production de l’énergie française n’exempte pas d’émissions de CO2 comme le rappelle RTE

> Fondements

1-4 L’annonceur doit être en mesure de justifier les arguments ayant trait au développement durable au moyen d’éléments sérieux, objectifs et vérifiables au moment de la publicité.

Pour tout message reposant sur une allégation scientifique, l’annonceur doit être en mesure de présenter l’origine des résultats annoncés et la méthodologie ayant servi de base de calcul.
La publicité ne peut recourir à des démonstrations ou à des conclusions scientifiques qui ne seraient pas conformes à des travaux scientifiques reconnus.

3-6 Tout argument de réduction d’impact ou d’augmentation d’efficacité doit être précis et s’accompagner de précisions chiffrées, en indiquant la base de comparaison utilisée.

6-1 Les termes et expressions utilisés ne doivent pas induire le public en erreur sur la nature et la portée des propriétés du produit ou des actions de l’annonceur en matière de développement durable.

La publicité affirme quelque chose de vague ou sans preuve

La SNCF nous dit que « le train émet peu de CO2 ». L’expression est approximative. Combien ? Cet argument n’est pas accompagné de précisions chiffrées et n’indique pas la base de comparaison utilisée.

> Fondements

3-1 L’annonceur doit indiquer dans la publicité en quoi ses activités ou ses produits présentent les qualités revendiquées.

La publicité surestime ou exagère le côté réellement vert du produit / société / service

Nous avons vu précédemment que la SNCF sous-estimait fâcheusement les émissions de CO2 de ses trains mais à la consultation du site Internet de la SNCF, nous découvrons que l’objectif n’est pas d’une réduction de 40% en 2020 mais de 30%. Quel est le vrai objectif alors ? Désinformation, confusion, cela fait un peu beaucoup pour une entreprise qui a fait de la lutte contre le changement climatique un de ses axes forts de communication.

> Fondements

1-1 La publicité ne doit pas induire le public en erreur sur la réalité des actions de l’annonceur ni sur les propriétés de ses produits en matière de développement durable.

2-1 Le message publicitaire doit exprimer avec justesse l’action de l’annonceur ou les propriétés de ses produits, en adéquation avec les éléments justificatifs dont il dispose.

La réalité de ces actions ou propriétés peut s’apprécier au regard des différents piliers du développement durable, des différents types d’impacts possibles et des différentes étapes de la vie du produit.

Visualiser la publicité

Note globale

OIP
2.0

Internaute 2.1

Afficher plus de détails sur la note OIP

La publicité induit en erreur par les mots employés

OIP
1.0

Internaute 1.6

La publicité induit en erreur par la composition graphique ( images et couleurs )

OIP
3.0

Internaute 3.2

La publicité affirme quelque chose de vague ou sans preuve

OIP
1.0

Internaute 1.3

La publicité surestime ou exagère le côté réellement vert du produit / société / service

OIP
1.0

Internaute 0.8

La publicité met en scène des comportements contraires aux exigences de protection de l'environnement

OIP
4.0

Internaute 3.8

Afficher plus de détails sur la note OIP

Votez et Commentez

Vous devez créer un compte ou vous identifier pour pouvoir commenter.

Derniers commentaires

  1. Commentaire de enjoygael, le 20 octobre 2010 - Note : 3.6

  2. Commentaire de stellou, le 25 mai 2010 - Note : 1.6

    Le train est moins polluant que l’avion ou la voiture mais de là annoncer un objectif 0% de CO2, c’est une affirmation manipulatrice sans aucun fondement.

  3. Commentaire de Laure, le 7 avril 2010 - Note : 2.6

    Certes le transport ferroviaire émet moins de gaz à effet de serre mais que signifie 0% de CO2 ? Bon objectif de la sncf. Ma conscience verte m’empêche de critiquer négativement la sncf mais si elle veut mettre en avant son faible impact sur l’environnement ; une simple comparaison Voiture/ avion / train est plus significative et plus convaincante pour le consommateur.

  4. Commentaire de Marjorie, le 16 mars 2010 - Note : 3.2

    Peut-être à interpréter plus comme une intention, un engagement de la part de l’annonceur…
    Il s’agit là d’un objectif à atteindre et comme dans tout objectif, subsiste un défi, un challenge, une forme d’engagement pour nos générations futures(d’où la présence de l’enfant)dont il faut se rapprocher au maximum, il me semble que c’est le message qu’a voulu faire passer l’annonceur…

  5. Commentaire de olbru, le 5 mars 2010 - Note : 0.4

    C’est une honte de diffuser une pub comme ça !!! Non seulement une bonne part des locomotives de la SNCF roulent encore au diesel (CO2 + bruit + tous les polluants de l’air, etc.) mais en plus l’électricité qui alimente le réseau provient largement… des centrales nucléaires françaises, évidemment !

    Le message est donc vicieux à l’extrême parce qu’avec sa politique nucléaire, la France continue à faire courir un danger gigantesque à l’Europe entière tout en focalisant l’attention du public sur le CO2 et l’effet de serre (Bilan Carbone de l’ADEME, ce genre de message, etc.) et continue allègrement et sans scrupule de nous inonder de ses centrales, de leurs radiations permanentes et de ses déchets nucléaires pour lesquels elle n’a aucune solution sérieuse !

  6. Commentaire de consomaction, le 28 février 2010 - Note : 1.0

    OK pour les déplacements avec le train. C’est certainement le moyen de transport le moins polluant après la marche et le vélo. Mais en amont, où en est on du CO2 ?

  7. Commentaire de chbonnaire, le 25 février 2010 - Note : 2.8

    De plus, on ne parle ici que de CO2 dûs au déplacement, pas de CO2 émis lors de la facbrication des wagons ou des locos!

  8. Commentaire de chbonnaire, le 25 février 2010 - Note : 2.8

    Il est vrai que l’on reste dans le flou avec le peu de chiffres annoncés au bas de la publicité. Par exemple,est-ce que le bilan tient compte de l’électricité (centrales thermiques notamment) utilisée pour faire avancer les trains ?

  9. Commentaire de prast, le 24 février 2010 - Note : 2.6

    Tout à fait d’accord avec Tetard, 0% de quoi ? C’est vague et le lecteur ne retient que le 0.
    Si on regarde l’influence globale du transport ferroviaire sur les rejets de CO2, il faut prendre en compte :
    - les rejets directs des moteurs diesel
    - les rejets dus à la construction et à l’entretien des trains, des gares et des voies
    - les rejets liés à la production d’électricité pour faire tourner les moteurs électriques.
    Le transport ferroviaire rejettera donc toujours du CO2.
    Et il y a une partie des rejets qui n’est pas maîtrisée par la SNCF, mais par EDF (qui devra donc contribuer à l’objectif de diminution de 40%) : c’est le CO2 ou le nucléaire.
    Parmi les moyens de transport, le train reste cependant un des moins polluants.

  10. Commentaire de Tetard, le 16 février 2010 - Note : 1.6

    L’image n’est pas tant « mensongère » : un enfant dans le train … pourquoi pas.
    Le texte par contre, reste volontairement flou : 0% par rapport à quoi ? Baisser de 40 % par rapport à 1990, ca doit être bien, mais sans autre référence, ca parle peu.

  11. Commentaire de maailm, le 15 février 2010 - Note : 2.0

    les locomotives diesel bientôt sans CO2? et la sncf, propriétaire de kéolys, premier transport routier de france est elle vraiment encline à développer le ferroutage? effectivement objectif 0% de CO2 ou presque mais le petit n’y est pour rien.