Sisley, émulsion écologique

cosmétique

La grande mode dans l’univers des cosmétiques est de revendiquer son caractère naturel. Cette louable attitude peut prendre la forme d’un « sans » : sans paraben, sans sels d’aluminium ; elle peut aussi se matérialiser par la présence d’un label, le plus souvent Cosmébio (qui existe en deux versions) et la certification Ecocert pour les végétaux issus de l’agriculture biologique. La vérité réside souvent dans la composition, avec souvent des surprises…

Sisley, marque française de luxe, dépositaire d’une image de qualité et de sérieux, signe ici un des cas les plus emblématiques de manipulation publicitaire. Non seulement le visuel est excessif, mais la force du positionnement et du vocabulaire employé sont inversement proportionnels à la réalité des faits : contrairement à la promesse, un produit cosmétique très classique, comportant des substances chimiques à l’impact négatif reconnu.

La publicité induit en erreur par les mots employés.

«Émulsion écologique». Donc qui est un être vivant, en relation avec d’autres êtres vivants dans un éco-système, totalement biodégradable, inoffensif pour les éco-systèmes, pour l’homme ? Nous rions.

Dès les premiers mots du texte, le mensonge est patent. « Puissant complexe d’actifs végétaux ». C’est faux. Ce n’est pas un complexe d’agents végétaux, mais un complexe d’agents chimiques et végétaux. Dans la liste des composants, on trouve en effet : de la paraffine (un dérivé du pétrole), des polymères synthétiques (carbomer), des tensioactifs (octoxynol-13), des parabens…
Dès lors, le nom même du cosmétique sonne creux. Peut-il se déclarer écologique en comportant autant de substances chimiques ?

Pourtant le nom en lui-même ne saurait être attaquable au regard des pratiques de l’auto-régulation publicitaire. « Émulsion écologique » est en effet une marque déposée à l’INPI, et en tant que telle n’est pas considérée par l’ARPP comme un élément publicitaire. Ce cas marque clairement les limites d’une telle conception, le nom étant ici l’argument numéro un, qui participe directement à l’argumentaire pseudo-vert.

> Fondements
2-1 Le message publicitaire doit exprimer avec justesse l’action de l’annonceur ou les propriétés de ses produits, en adéquation avec les éléments justificatifs dont il dispose.
La réalité de ces actions ou propriétés peut s’apprécier au regard des différents piliers du développement durable, des différents types d’impacts possibles et des différentes étapes de la vie du produit.
6-1 Les termes et expressions utilisés ne doivent pas induire le public en erreur sur la nature et la portée des propriétés du produit ou des actions de l’annonceur en matière de développement durable.

La publicité induit en erreur par la composition graphique (images et couleurs)

Fond blanc, plante verte, simplicité, jeux d’ombres et de transparence : le territoire visuel de Sisley est celui du luxe, de la pureté et de la nature. Mais là aussi la publicité induit en erreur, en voulant que nous assimilions la marque à des univers très marqués et sans ambigüité. Sauf que la maudite composition est formelle. Ce produit est peut-être luxueux, il n’est pas pur, il n’est pas que végétal, et il est loin d’être transparent.

> Fondements
1-1 La publicité ne doit pas induire le public en erreur sur la réalité des actions de l’annonceur ni sur les propriétés de ses produits en matière de développement durable.
5-3 La publicité ne doit pas attribuer aux signes, logos ou symboles une valeur supérieure à leur portée effective.
7-1 Les éléments visuels ou sonores doivent être utilisés de manière proportionnée à l’argument écologique et aux éléments justificatifs qui l’appuient.
7-3 Sans exclure leur utilisation, l’emploi d’éléments naturels ou évoquant la nature ne doit pas induire en erreur sur les propriétés environnementales du produit ou des actions de l’annonceur.

La publicité affirme quelque chose de vague ou sans preuve

À quand la présence de tous les composants des cosmétiques sur les publicités, dans un langage compréhensible de tous ? Nous pourrions alors facilement savoir si la promesse publicitaire se vérifie… ou pas, comme ici.
Comme souvent, les termes ont été choisis parce qu’ils n’exigent aucune preuve. Un cosmétique biologique, il faut un label pour le prouver. Un cosmétique écologique ? Aucun.

> Fondements
3-1 L’annonceur doit indiquer dans la publicité en quoi ses activités ou ses produits présentent les qualités revendiquées.
3-6 Tout argument de réduction d’impact ou d’augmentation d’efficacité doit être précis et s’accompagner de précisions chiffrées, en indiquant la base de comparaison utilisée.

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Annonceur : SISLEY
Support : PRESSE – Elle – magazine, n° 3374 août 2010
Agence : CFEB Sisley
Titre de la publicité :  » Emulsion écologique. L’essentiel du soin »

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Note globale

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La publicité induit en erreur par les mots employés

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Internaute 0.6

La publicité induit en erreur par la composition graphique ( images et couleurs )

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2.0

Internaute 0.6

La publicité affirme quelque chose de vague ou sans preuve

OIP
2.0

Internaute 1.0

La publicité surestime ou exagère le côté réellement vert du produit / société / service

OIP
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Internaute 0.4

La publicité met en scène des comportements contraires aux exigences de protection de l'environnement

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5.0

Internaute 2.9

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Derniers commentaires

  1. Commentaire de Ox, le 18 février 2011 - Note : 0.8

    Voici un exemple typique de manipulation publicitaire.
    Car, hélas, tous les consommateurs ne sont pas aussi alertés que ceux qui visitent ce site.
    L’utilisation de végétaux dans la composition graphique est déjà une pratique des plus trompeuse (car cela évoque chez beaucoup la « nature »).
    Mais l’emploi du terme « écologique » est une véritable aberration !
    Car étant donné que rien n’indique que ce produit soit « naturel » ou bio (ce que les marques ne manquent pas d’afficher en gros lorsque c’est le cas, type LA CHARTE COSMEBIO ou AB (http://www.cosmebio.org/fr/charte-cosmebio.php)), ils utilisent un terme encore plus évocateur quand au côté « sain » du produit et qui ne permet pas de douter, à première vue, de la qualité écologique de celui-ci.
    Il s’agit donc clairement d’une publicité mensongère !
    … Ça ne vous rappelle pas le « Bio » de Danone ?

  2. Commentaire de dodie, le 1 février 2011 - Note : 2.6

    Sisley a lancé son produit en 1980 et donc surfe sur la vague du « bio ».
    Je suis étonnée qu’il ait pu conserver son appellation de « écologique »

  3. Commentaire de Nicolas Danet, le 2 décembre 2010 - Note :

    A vue de nez, cette publicité reprend les codes de celle du Chat Eco Efficacité :
    - un pack shot simple
    - en fond, des visuels de plantes
    - pas de labellisation reconnue
    - utilisation de termes « verts » (écologique, végétaux) sans justification

    Avec en plus une dimension luxe.

    Et la pub du Chat Eco efficacité n’a pas été bien notée, de mémoire..

  4. Commentaire de enjoygael, le 20 octobre 2010 - Note : 1.0

  5. Commentaire de sebbru, le 19 octobre 2010 - Note : 1.2

    tout sauf écologique dans le conditionnement, on pourrait croire que le produit l’est alors que rien n’est indiqué sur sa composition.

  6. Commentaire de elsa-antipub, le 17 octobre 2010 - Note : 1.2

    Plus les produits sont chers plus ils semblent contenir des substances chimiques nocives… Sisley n’est pas un cas isolé de ces marques qui surfent sur le vert. Alors qu’il est tellement simple de faire ses propres cosmétiques bio…

  7. Commentaire de quitterie, le 5 octobre 2010 - Note : 0.2

    Très impressionnant.
    Plus personne n’est dupe.
    En revanche, il y a de quoi être fâché durablement avec la marque Sisley. A force de prendre leurs clientes et prospects pour des idiotes…