Le Bla Bla Durable, par DUVAL MC

Vous l’avez probablement remarqué, même sans y avoir prêté attention, le mot durable est un qualificatif … qui qualifie beaucoup de choses.

Semaine du développement durable, ville durable, architecture durable, , politique durable, tourisme durable, agriculture durable. Tels est donc le gimmik moderne qu’a repéré l’artiste Duval MC, mis en parole et en musique dans Bla bla durable. Nous relèverons un extrait d’un article publié dans la revue Langage et société qui nous orientera vers un début de compréhension de ce qu’à voulu mettre en lumière l’artiste (Alice Krieg-Planque*, La formule “développement durable” : un opérateur de neutralisation de la conflictualité, Langage et société n°134, décembre 2010 ):

« D’autre part, la concession a pour caractéristique argumentative de présenter comme dépassables les éléments qu’elle met elle-même en tension. En effet, dans son orientation argumentative, la concession présente des éléments comme pouvant sembler contradictoires mais ne l’étant pas. Ainsi, dans les énoncés qui le définissent, le paraphrasent ou le reformulent, “développement durable” apparaît comme un terme qui exprime une contradiction, mais qui serait une contradiction dépassable. »

Le Greenwashing apparaît donc dans cette chanson comme la pratique qui modifie le sens d’un élément en lui ajoutant le mot « durable », sans vraiment en changer la substance. Le Greenwasher devient donc l’opérateur qui met en œuvre le greenwashing. Parmi ceux qui jouent avec le langage et transforme le réel à la convenance de son client, c’est le publicitaire … durable. Gardons nous de dire que tous les publicitaires pratiquent l’écoblanchiment

Blabla Durable by duvalmc


(*) Alice Krieg-Planque est Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication, département de communication politique et publique, Université Paris-Est Créteil (UPEC).

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