Publicité, eau en bouteille et environnement : l’impossible entente.

Agroalimentaire

Pour les écologistes, l’eau en bouteille est de loin la pire solution pour s’hydrater. Si on leur demandait ce qu’ils pensent de la publicité pour les marques d’eaux en bouteilles, ils proposeraient probablement comme nous, à l’Observatoire de la Publicité de l’interdire. Logique. D’un côté, certains souhaitent que la quantité de bouteilles en plastique diminue et de l’autre, la publicité sert à augmenter les ventes. On voit donc mal comment ils pourraient tous s’entendre. Voilà quelques chiffres du début d’année qui devraient faire hurler les défenseurs de la nature (oui, on ne peut pas vouloir défendre la nature et vouloir le maintient des eaux en bouteilles).

Publicité des principales marques d’eaux en bouteille depuis le début de l’année

Si l’on cumule les investissements publicitaires des 5 plus grandes marques d’eaux en bouteille en France (jusqu’au 8 mai 2012), nous en sommes depuis le début de l’année à 16,3 millions d’euros. 4,2 millions d’euros pour Evian (Danone), 4,6 millions d’euros pour Volvic (Danone), 4,6 millions d’euros pour Contrex (Nestle), 1,1 million d’euros pour Cristaline (Neptune), 834 000 euros pour Vitelle (Nestlé). L’enjeu est énorme puisque le marché français de l’eau en bouteille représente quelque 10,5 milliards de litres.

Focus sur Evian

Tout le monde connaît les publicité de la marque Evian avec les fameux bébés. La nouvelle campagne d’Evian, réalisée par l’agence de communication BETC Euro-RSCG est, depuis le début de l’année, véritablement matraquée à la télévision. Depuis le 1er janvier 2012, jusqu’à la date de l’écriture de cet article, pas moins de 800 spots télévisés ont été diffusés.

L’effet de la publicité sur les ventes de bouteilles d’eaux

Pourtant, cela n’empêche pas le développement de la consommation d’eaux de table, comme nous le montre les chiffres issus de l’INSEE. Depuis les années 1980, la consommation par personne et par an est passée de 54 litres à plus de 160 litres en 2007, soit une progression de 200% en 30 ans.

D’après l’édition de 2011 du baromètre « Les Français et l’eau » (Centre d’information sur l’eau / TNS-Sofres), 79 % des sondés se déclarent satisfaits de la qualité de l’eau de leur domicile (+3 en quatre ans) et 65 % la boivent quotidiennement. Cette tendance a été accentuée par le développement des appareils destinés à filtrer et purifier l’eau du robinet. Outre le critère économique, la consommation de l’eau du robinet répond également, pour de nombreux Français, à une logique écologique. En effet, l’impact environnemental de l’industrie des eaux en bouteille est souvent pointé du doigt. Outre les problèmes liés à la matière première issue du pétrole, au recyclage des plastiques, celle-ci émet de grandes quantités de CO2 lors de la fabrication des emballages et leur acheminement.

Les écolos n’aiment pas les bouteilles en plastiques

Cet emballage en plastique n’est pas unique aux eaux en bouteille. Mais de toute façon, les écologistes n’aiment pas ça. Du pétrole acheminé, raffiné, transformé, soufflé, dans lequel on met de l’eau, ce patrimoine commun de l’humanité, que l’on transporte localement et internationalement par bateaux et par camions. 89 milliards de bouteilles d’eau sont vendues chaque année dans le monde. Un emballage qui dure peu de temps, qui génère beaucoup de déchets et de logistique. Enfin, rapporté à un litre, elle coûtent énormément plus cher que l’eau du robinet. Non, les écologistes n’aiment pas les bouteilles d’eaux.  « The story of stuff » sur la bouteille d’eau vous sera très instructif. « De l’or en bouteille » pourrait vous convaincre. Et ce n’est pas les quelques menues tentatives de certains embouteilleurs, comme Danone avec la marque Volvic, qui y changera quelque chose.

 

Commentez

Vous devez créer un compte ou vous identifier pour pouvoir commenter.