Qui portera plainte contre Volvic de Danone ?

Agroalimentaire

Vendredi 4 mai dernier a été diffusé le deuxième numéro de Cash Investigation. La marque Volvic (en plus de tous ceux qui ont subi les assauts d’Élise Lucet), par l’intermédiaire du Directeur qualité a botté en touche lorsque le journaliste lui a montré les résultats de la composition de la bouteille, censée contenir 20% de plastique issu de source végétale. L’étude de composition menée par un laboratoire indépendant, selon une méthode issue de la norme internationale ASTM, révèle que la fameuse bouteille n’en contient que 10%. Le directeur qualité dit que la méthode utilisée est celle de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), qui dément avoir eu des liens avec l’entreprise …

Déjà, L’OIP se faisait l’écho de la campagne de greenwashing que s’était payée Danone avec la bouteille « végétale ». Beaucoup de vert et de plantes pour si peu d’avancées, c’est ce qui était principalement évoqué.

Qui osera porter plainte, sur la base de l’article L121-1 du code de la consommation et demander des réparations à la hauteur des investissements publicitaires diffusant un message mensonger ? D’autant plus que la marque se gargarise d’avoir créé la première bouteille d’origine végétale, ce qui est faux, comme démontré dans le reportage et déjà mentionné l’année dernière dans notre article. A moins que l’entreprise n’ait déposé un brevet avant tout le monde et à moins que les résultats de l’étude de composition soient erronés, nous n’imaginons pas comment Danone pourrait s’en sortir devant la justice. Qui osera donc ?

L’ARPP (autorité de régulation de la publicité) n’a rien pu faire, car elle n’est pas composée de chimistes, qui auraient pu vérifier la composition de la bouteille pour évaluer l’adéquation avec le message publicitaire. D’autant plus que les informations viennent de la marque elle-même. Inutile de porter de réclamation devant le Jury de Déontologie Publicitaire, cela ne constitue pas une plainte et même si l’on vous donnait raison, le mal serait déjà fait et aucune réparation ne serait demandée. Le système a ses limites.

Seule la loi, aujourd’hui, pourrait probablement dissuader « les petits calomniateurs » de persévérer dans leur mensonge. Qui a 10 000 euros à dépenser pour s’essayer à ce petit jeu du pot de terre contre le pot de fer ?

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Derniers commentaires

  1. Commentaire de fee clochette, le 27 mai 2012 - Note :

    A part le diamant, la matière n’est pas faite à 100% de carbone, c’est donc normal d’avoir un chiffre inférieur, il faut compter les autres atomes ! c’est un basique de chimie… marie Curie pourrait vous le dire. Et pourquoi attaquer le WWF qui ne fait que son possible pour protèger la nature. quel manque de probité pour une chaine publique. du coup je me pose de question de la véracité de ce qui est dit dans l’ensemble de ces émissions

  2. Commentaire de Zitoun, le 22 mai 2012 - Note :

    @Aurore de Volvic: comment peut-on ergoter sur ces 20% de matière d’origine végétale alors que les océans se couvrent de ces plastiques disgracieux ?
    http://www.ted.com/talks/capt_charles_moore_on_the_seas_of_plastic.html

    Il est temps que les compagnies d’eau minérales soient inquiétées pour les dégâts irréversibles qu’elles ont initiés.
    Si la bouteille 100% végétale existe déjà et a un prix abordable, pourquoi ne pas privilégier cette solution ?
    C’est déjà un pas dans la bonne direction…

    @OIP: Pour ce qui est de réunir les fonds pour porter plainte, je vous invite à regarder le site suivant :
    http://www.kisskissbankbank.com/

    Ça me paraît la meilleure solution pour vous donner les moyens de monter au créneau, intenter un procès apparemment gagné d’avance, et faire connaître votre combat.

    Bien cordialement,

    Zitoun

  3. Commentaire de thibaut107, le 15 mai 2012 - Note :

    Bonjour Aurore,

    Je suis ravi qu’un représentant de Volvic prenne la parole et réagisse à l’article de l’OIP. En tant qu’utilisateur privé de l’OIP il me semble qu’un des objectifs de l’observatoire est d’être un lieu d’échanges d’idées.

    Je réagis à votre commentaire posté la semaine dernière.
    Vous mettez en avant le côté indiscutable du contrôle réalisé par les autorités françaises. Pourriez-vous donc s’il vous plaît soumettre ce document à l’OIP pour qu’il soit publié. Sur la base d’un document officiel et non d’une affirmation marketing et commerciale, nous pourrions donc en discuter de manière très transparente. Je ne remets pas en cause à ce jour votre méthodologie de calcul, par contre il me semble indispensable de comparer ces deux méthodes car elles donnent des résultats très différents.

    Vous dites vous même que vous avez réalisé une mesure dans un laboratoire indépendant et que vous en êtes arrivés à un résultat de 10% de matière carbone d’origine végétale.
    Que voulez-vous dire par « prendre en compte l’ensemble de la matière végétale qui constitue la bouteille : nos bouteilles contiennent 20% de plastique d’origine végétale » ?
    Comment (et par quel calcul) passez-vous de 10% de matière végétale à 20%?

    Vous avancez que votre bouteille permets une réduction des émissions de carbone de 30 à 40% par rapport aux bouteilles précédentes. Si c’est le cas tant mieux (mais le meilleur moyen de réduire les émissions de carbone c’est de boire l’eau du robinet). Pouvez-vous aussi nous fournir les informations techniques prouvant ce chiffre?

    Votre bouteille est-elle biodégradable? et si oui au bout de combien de temps.

    Merci d’avance pour vos retours.

    Cordialement,
    Thibaut
    buveur d’eau au robinet

  4. Commentaire de AuroreVolvic, le 11 mai 2012 - Note :

    Bonjour,

    Je suis Aurore, travaille pour Volvic et souhaite vous faire parvenir les éléments suivants en réaction à votre article :

    Scientifiquement démontrée et contrôlée par les autorités françaises compétentes (en l’occurrence, la direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes), la valeur de 20% de plastique d’origine végétale est indiscutable.
    Très concrètement, nous avons fait réaliser par un laboratoire indépendant la mesure expérimentale (selon la norme ASTMD6866) du pourcentage de carbone d’origine végétale contenu dans les bouteilles, il est égal à 10%. Sur cette base, le pourcentage de matière d’origine végétale a été calculé afin de prendre en compte l’ensemble de la matière végétale qui constitue la bouteille : nos bouteilles contiennent 20% de plastique d’origine végétale. Volvic et Danone Eaux France expriment, comme il est d’usage, le pourcentage en masse qui est l’unité normale d’expression pour de la matière quel qu’elle soit.
    Nous avons été et restons en lien avec l’ADEME sur les sujets relevant de leur compétence, c’est à dire sur la méthodologie de calcul de l’empreinte carbone.

    Par ailleurs, Volvic est bien la première marque nationale à avoir commercialisé en France une bouteille en plastique 20% d’origine végétale.

    RDV sur http://www.volvic.fr/la_gamme/les_reponses_a_vos_questions__sur_la_bouteille_20_dorigine_vegetale_volvic_.html pour avoir toutes les réponses à vos questions sur cette bouteille en plastique 20% d’origine végétale.

    La bouteille 20% d’origine végétale est une étape supplémentaire dans la démarche de Volvic et de ses collaborateurs en faveur du développement durable, une étape qui contribue à la réduction de son empreinte carbone : cette nouvelle bouteille permet une réduction des émissions de carbone de 30 à 40% par rapport aux bouteilles précédentes.

    Cordialement,

    Aurore pour Volvic

  5. Commentaire de wwf, le 9 mai 2012 - Note :

    Bonjour. Oui nous allons en parler. En attendant, vous pouvez déjà lire un article que nous venons de poster sur Twitter, @observatoirepub qui en parle.

  6. Commentaire de jacques 1970, le 9 mai 2012 - Note :

    Bonjour,

    J’ai aussi vu ce superbe documentaire d’investigation. Je suis surpris que vous ne repreniez pas la partie consacrée au Crédit Agricole et au WWF qu’il lui fait une pub incroyable à bas prix et contre tout engagement concret. Allez vous en parler?

    D’avance merci,

    Jacques