La charte de Lesieur

Agroalimentaire

Annonceur : Lesieur
Support
: Affichage – Depuis le 2 mai
Nombre de supports :
9 titres de presse
Agence
: Fred & Farid
Titre de la publicité
: « Fier de cultiver pour vous un colza Lesieur riche en omega 3. Plus de 800 agriculteurs français s’engagent pour la fleur de colza. »
Budget publicitaire : 460 800 euros

L’annonceur Lesieur diffuse actuellement une publicité dans la presse magazine pour son huile à partir de fleur de colza. Réalisée par l’agence Fred & Farid, elle met en avant un agriculteur, sur un fond de champ de colza ensoleillé, qui est « fier de cultiver » pour nous. Lui, comme 799 autres agriculteurs français, s’est engagé à respecter une charte. Encore une allez-vous nous dire ? Oui, encore une. Une charte, c’est pratique à bien des égards. Tant sur le plan contractuel entre la coopérative et les agriculteurs qui la suivent que sur le plan de la communication. Une charte, ça rassure le consommateur. Reste à savoir ce qu’il y a derrière. Le document complet est détaillé sur le site de Lesieur. Nous y sommes allés et nous l’avons lu en 2 minutes. Nous reproduisons la partie environnementale de la charte ci-dessous et mettons d’abord en exergue cet élément de langage dont le publicitaire a le secret :

Lesieur soutient une agriculture attentive et soucieuse de l’environnement.

- Par précaution, il est demandé de ne faire aucun épandage de boues de station d’épuration sur les parcelles où sont cultivés les graines de colza pour Fleur de Colza
– Pour limiter l’application d’engrais, il est demandé aux agriculteurs d’utiliser des variétés de graines de colza peu sensibles au phoma (champignon auquel est très sensible le colza) et également d’utiliser un outil reconnu par la profession, pour déterminer quelle est la dose optimale d’engrais à apporter à la plante
– Afin d’éviter les traitements phytosanitaires inutiles ou pour les faire au bon moment, les agriculteurs doivent être abonnés à des alertes phytosanitaires qui les préviennent si il faut ou non mettre des produits de protection des cultures et dans quelle quantité.
– Dans le but de piéger les nitrates dans le sol avant l’hiver et de favoriser la croissance d’automne et ainsi d’éviter la pollution des nappes phréatiques, les agriculteurs ont l’obligation de semer avant le 10 septembre.

Il est vrai que la profession souffre d’une mauvaise image, alimentée par les écologistes et par les médias qui focalisent l’attention sur les impacts d’un modèle productiviste sur l’environnement et sur la santé des agriculteurs eux-mêmes. Cette même image est également véhiculée par certains de ces agriculteurs qui, quoi qu’on en dise, n’ont pas non plus toujours la main verte et même souvent la main lourde avec les phytosanitaires. Les analyses des cours d’eau, s’il n’y avait que cela, seront là pour le rappeler.

Ajoutons que les agriculteurs qui voudraient faire évoluer leurs pratiques culturales rencontrent également des difficultés qui proviennent de leur propre corporation. Liés par des prêts qu’ils ont consentis pour s’adapter à un modèle toujours plus intensif de production, à des relations avec leur coopératives, avec leur syndicat et avec leur entourage professionnel (c’est ce que nous révèle le documentaire « La mort est dans le pré »), ils sont pour beaucoup pris dans des rouages dont la complexité ne saurait être révélée ni même levée par un simple doigt accusateur.

Et vous qu’en pensez-vous ?

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